Sur ce blog je vais raconter ma formation aux concours admninistratifs et ma reconversion du privé au public en essayant de donner un maximum d'info sur les concours. Bonne lecture!
J'ai hésité un moment sur le fait de donner ou non une couleur politique à ce blog.
Finalement c'est Nicolas Sarkozy qui m'a aidée à trancher. Impossible de ne pas réagir à son omniprésence!
Ce matin j'achète libé et je commence à le feuilleter dans le RER. Je cherche un article qui va me faire résister à la tentation de ne pas switcher pour Harry Potter (j'ai reçu le
dernier en Anglais et je suis accro!!!)
Je tombe sur un article qui me parait intéressant et dont voici le début:
Je décide alors de me renseigner un peu plus sur le "Comité de réflexion et de proposition sur la modernisation et rééquilibrage des institutions de la
Veme République"
Quel va donc être son mandat?
Merci au site de l'ambassade de France en Algérie qui répond à ma question:
"Il (le comité) est chargé notamment :
d’étudier les modifications de la Constitution et des textes qui la complètent, propres à répondre aux préoccupations exprimées par le Président de la République dans la lettre figurant en annexe au décret ;
et de formuler toutes autres recommandations qu’il jugera utiles."
Donc le Président de la République est préoccupé.
Alors je continue mon cheminement et pars en chasse du Décret n° 2007-1108 du 18 juillet 2007 portant création d'un comité de réflexion et de proposition sur la modernisation et le
rééquilibrage des institutions de la Ve République. Grâce à la magie d'internet il suffit de se rendre sur le site du journal officiel http://admi.net/jo/textes/ld.html
Eh bien c'est tout simplement fabuleux. Le Président de la République ne se contente pas de donner un cadre à la réflexion il donne déjà lui-même toutes les propositions!
Exemple:
"Une démocratie exemplaire, c'est aussi une démocratie qui veille à ce que l'opposition ait les moyens d'exercer son rôle, qu'il s'agisse de moyens politiques, juridiques ou financiers. C'est
pourquoi je souhaite que le comité me propose un statut de l'opposition, définissant cette dernière et lui reconnaissant un certain nombre de droits : notamment des droits d'information, des
droits protocolaires, le droit d'assurer ès qualités certaines fonctions, le droit de créer une commission d'enquête au Parlement, le droit de bénéficier de moyens financiers lui permettant de
fonctionner, etc."
Que fait le Président?
1) Il impose que l'une des propositions porte sur un statut de l'opposition
2) Il définit ce que veut dire donner un statut à l'opposition ie la définir et lui reconnaître un certain nombre de droits
3) Il donne la liste de ces droits
On commence à comprendre pourquoi ils vont réussir à être prêts pour début novembre finalement!
Mais le plus éblouissant c'est qu'en donnant des droits à l'opposition et sachant que des droits s'accompagnent de devoirs on s'assure le moyen de la contrôler.
Je vous invite à lire la totalité de la lettre. Votre interprétation m'intéresse! (au fait je me demande quel enarque est à l'origine de cette
lettre...)
Je tempère ce commentaire suite à une remarque pertinente de mon frère. Il est normal que les droits soient assortis de devoirs. Je trouve par contre qu'il
y a un manque d'information sur ce changement qui serait un changement fondamental. Dans les médias on nous parle de l'institution d'un comité de réflextion. C'est seulement en
fouillant qu'on apprend que la réflexion a déjà été fournie et que le comité va surtout être un comité de rédaction.
Et je me méfie de la méthode de Nicolas Sarkozy. Il ne fait pas la publicité de tous les aspects d'une réforme ou d'un changement, seulement la publicité de l'aspect que personne ne
peut contester. Exemple: qui conteste le fait qu'il faut donner un statut à l'opposition? Par contre quid des devoirs qui seront assortis aux droits. Autre exemple: qui
peut contester le fait qu'a priori pour gagner plus il faut travailler plus? Qui peut contester le fait qu'il faut se battre pour que la recherche avance sur Alzheimer et le Cancer?
Derrière ces principes il cache des réformes que je trouve injustes.
Mais voilà, je tombe dans le piège et conteste au lieu d'être constructive comme il a pris soin de le reprocher d'avance à tous ses opposants potentiels. Donc soyons
constructifs et la première étape est d'apprendre!
1. Je vois pas bien le lien entre l'article de Libé et le décret.
2. Je vois pas bien en quoi ton article est "politique" : tu critiques Sarkozy et sa volonté de contrôler, mais ca ne me paraît pas être un argument politique. Ou... contre le bonapartisme? Mais alors, que reproches-tu précisément? Le fait d'accompagner un décret d'une lettre d'intention? Il faudrait alors voir si cette pratique est courante ou non, quel est le poids de cette lettre par rapport au décret lui-même... il existe forcément une littérature à ce sujet, et on aimerait que tu nous donnes des pistes.
Ou bien, tu critiques le contenu même de cette lettre? Elle paraît pourtant définir certains droits à l'opposition, ca ne semble pas un mal en soi. Tu dis que ça s'accompagne de devoirs... mais ces devoirs restent visiblement définis par la Commission, et Sarko n'en suggère pas (d'après l'extrait que tu cites). Et pourquoi l'opposition n'aurait-elle pas de devoirs? Tu indiques qu'elle serait "contrôlée." Euh... le fait de panacher droits et de devoirs me semble être essentiel. Si tu veux soutenir le contraire, il faut être plus précise.
Mais il y a d'autres pistes intéressantes que ta critique laisse de côté. Cette lettre suggère qu'il faudrait étudier les évolutions du rôle du Parlement souhaitées par Sarko, et le fonctionnement du Congrès américain actuel. En effet, on entend dire que Sarko veut une américanisation du pouvoir. Ca pose plein de questions intéressantes:
- en premier lieu, quel est l'état des lieux du fonctionnement parlementaire actuel, et y a-t-il ou non des principes à améliorer? Comment ces principes se sont-ils formés, quelle est la mesure du décalage entre principes et fonctionnement réel (cf. une dépêche récente sur l' "absentéisme" des députés et des éventuelles sanctions financières), ces principes sont-ils figés ou est-il souhaitable qu'ils évoluent? Selon quels critères? D'après qui? Quel est l'avis des élus eux-mêmes sur la question? Le Sénat et l'Assemblée sont-ils concernés de la même façon? Etc...
- Si on convient que des changements sont souhaitables, est-ce que les institutions américaines peuvent être une référence? Et pour commener, est-ce que les propositions de sa lettre évoquent effectivement une convergence avec le fonctionnement de l'opposition au Congrès américain? On serait donc intéressé de connaître, par exemple, le pouvoir que ces commissions d'enquêtes auraient, et avoir un aperçu du rôle qu'elles jouent dans d'autres systèmes parlementaires - leur rôle aux Etats-Unis est important, mais justement tu pourrais nous éclairer dessus!
Bref, il y a tant à explorer avant de rendre tes conclusions! Tu verras alors, que l'énarque (si c'en est un) "à l'origine de cette lettre" n'avait pas forcément pour intention de museler l'opposition, mais avait des motivations bien plus complexes.
Bises!